Ça fait longtemps… Parlons de violences sexistes, d’école, et de ce qui change (ou pas)
Vous savez, parfois, on s’éloigne un peu, pris dans le tourbillon du quotidien. C’est mon cas ces derniers temps. Je n’ai pas pris le temps de venir vous donner des nouvelles, et franchement, ça m’a manqué. Mais il faut dire que l’agenda était chargé – et pas qu’un peu ! Entre les projets associatifs, les rencontres, les coups de fil à rallonge, et les idées qui fusent à toute heure, il y a de quoi perdre le fil. Mais aujourd’hui, je prends ce moment pour vous raconter ce qui se passe, parce que, honnêtement, il se passe des choses importantes. Des choses qui touchent à la vie, à l’école, aux jeunes, et à cette lutte contre les violences sexistes et sexuelles qui, malheureusement, ne prend jamais de vacances.
Patapon 95 : une équipe qui ne cesse de grandir
Alors, par où commencer ? Peut-être par la fierté de voir Patapon 95 s’agrandir. On a beau dire, mais voir plus de 25 psychologues, quelques assistantes sociales, et tout un réseau de sentinelles relais s’engager à nos côtés, ça donne du baume au cœur. Ce n’est pas juste une question de chiffres – même si, oui, plus de 20 personnes accompagnées en permanence, c’est déjà énorme. C’est surtout une question d’énergie collective, de regards croisés, de mains tendues. Et puis, on a encore de la place pour accueillir d’autres personnes en demande. Tant mieux, non ? Parce que, soyons honnêtes, les besoins ne manquent pas.
Trois projets, trois façons de sensibiliser (et d’agir)
Ce mois de novembre, c’est un peu l’aboutissement de tout ce travail. Trois projets qui me tiennent à cœur, et qui, je l’espère, feront bouger les lignes, même un tout petit peu.
1. Escape game sur les violences faites aux femmes : jouer pour comprendre
Le 25 novembre, à la salle de la Rotonde, à la mairie de Saint-Leu-la-Forêt, on organise un escape game pas comme les autres. Oui, un jeu – mais pas pour s’amuser à la légère. L’idée, c’est de plonger les participants dans une histoire, de leur faire ressentir, même brièvement, ce que peut vivre une femme victime de violences. On cherche à provoquer une prise de conscience, à faire passer des messages autrement. Parce que parfois, les mots ne suffisent pas. Parfois, il faut vivre une expérience, même fictive, pour comprendre l’ampleur du problème.
2. « Le héron mène l’enquête » : un film pour apprendre à voir l’invisible
Trois jours plus tard, le 28 novembre, direction Le Plessis-Bouchard pour la projection de notre film « Le héron mène l’enquête ». Dix séquences, un psychologue qui pose les mêmes questions à différentes personnes, et un défi pour les spectateurs : deviner qui est victime de violence, et qui ne l’est pas. Ce n’est pas du grand cinéma, on ne va pas se mentir. Mais ce film a une ambition : sensibiliser, apprendre à repérer les signaux faibles. Ces petits indices, ces silences, ces regards fuyants, qui en disent long mais qu’on ne voit pas toujours. C’est un outil, pas une œuvre d’art. Mais si ça peut aider ne serait-ce qu’une personne à ouvrir les yeux, alors le pari est gagné.
3. Escape game sur le harcèlement : 200 jeunes à l’épreuve
Et puis, il y a ce troisième projet, qui me tient particulièrement à cœur : un escape game sur le harcèlement, organisé dans un CFA à Villiers-le-Bel. Deux cents élèves vont participer, résoudre des énigmes, et, surtout, réfléchir ensemble à ce qu’est le harcèlement. Parce que, soyons clairs, le harcèlement à l’école, ce n’est pas juste des chamailleries de cour de récré. C’est parfois insidieux, parfois violent, et ça laisse des traces. L’idée, c’est de faire passer le message autrement, de casser la routine des discours classiques. Et, qui sait, peut-être que certains repartiront avec une autre vision, ou l’envie d’agir.
Le collectif, ce moteur qui ne s’essouffle pas
Tout ça, évidemment, ce n’est pas l’œuvre d’une seule personne. C’est le fruit d’une équipe de bénévoles incroyables, qui donnent de leur temps, de leur énergie, parfois de leur patience aussi (parce qu’il en faut, croyez-moi !). Sans eux, rien de tout ça ne serait possible. Et si jamais l’envie vous prend de rejoindre l’aventure, sachez que toutes les infos sur le bénévolat chez Patapon 95 sont sur notre site. On ne refuse jamais une bonne volonté, surtout quand il s’agit de lutter contre les violences et d’accompagner les jeunes.
Un petit détour par le numérique : AssoServices, l’outil qui facilite la vie des associations
Vous savez quoi ? Parfois, la technologie, ça a du bon. Je continue aussi mon activité de développeur web, et le site AssoServices a bien grandi. Désormais, il permet de récupérer les résultats d’enquêtes, un peu comme Framaform (si vous connaissez, vous voyez le genre). Pratique pour les associations qui veulent sonder leurs membres, organiser des votes à distance (en respectant les critères de la CNIL, s’il vous plaît !), ou simplement mieux s’organiser. Trois associations sont déjà hébergées, et la version gratuite mono-association est dispo en téléchargement. Un petit serveur PHP, une base MySQL, et hop, ça tourne. Que ce soit en local ou en ligne, c’est un vrai coup de pouce pour les bénévoles. Et puis, un bel intranet, ça change la vie, non ?
Fatigue, fierté, et un brin d’espoir
Je ne vais pas vous mentir : c’est épuisant, parfois. Les journées sont longues, les nuits courtes, et il y a des moments où on se demande si tout ça sert vraiment à quelque chose. Mais il suffit d’un sourire, d’un merci, d’un regard soulagé pour se rappeler pourquoi on fait tout ça. Cette fin d’année a été riche, intense, parfois un peu folle. Mais je suis heureux d’avoir pris le temps de vous écrire, de partager ces nouvelles, et de vous dire que, oui, on avance. Pas à pas, parfois en trébuchant, mais toujours avec la conviction que chaque geste compte.
Alors, à bientôt, et surtout, prenez soin de vous et des autres. Parce qu’au fond, c’est ça qui compte, non ?