« Je ne saurais pas quoi dire. » « J’ai peur de mal faire. » « Et si j’aggrave la situation ? »
Ce sont, à quelques mots près, les phrases que j’entends le plus souvent quand je parle de notre recrutement de Sentinelles Relais. Elles ne me surprennent pas. Elles sont même, à mes yeux, le signe que la personne en face de moi a déjà tout ce qu’il faut pour devenir relais.
La matrice ACT, ou comment nommer ce qui nous freine
Dans la thérapie d’acceptation et d’engagement, on utilise souvent un outil simple appelé la matrice ACT. Elle invite à distinguer deux choses qu’on confond trop souvent : ce qu’on ressent, et ce qu’on fait.
On peut ressentir de la peur, de la gêne, de l’incompétence face à un sujet aussi lourd que les violences de genre. Et en même temps, choisir d’agir en direction de ce qui compte pour nous : la solidarité, la protection d’autrui, le refus de détourner le regard.
La peur ne disparaît pas parce qu’on décide d’agir. Elle continue d’exister, quelque part, pendant qu’on avance quand même.
L’évitement, ce faux ami
Le réflexe naturel face à l’inconfort, c’est l’évitement. Se dire « ce n’est pas à moi de m’en mêler », « je ne suis pas assez formé », « quelqu’un d’autre s’en chargera ». Ces pensées ne sont pas des mensonges : elles protègent, à court terme, de l’inconfort du premier pas.
Mais elles ont un coût. Chaque évitement individuel, mis bout à bout, laisse un maillage social troué, dans lequel une victime peut ne croiser personne capable de l’entendre.
Le courage n’est pas l’absence de peur
C’est là que la formation de sentinelle prend tout son sens, à mes yeux. Elle ne demande pas de ne plus avoir peur. Elle donne un cadre, des mots, une posture, pour agir malgré cette peur.
Le module sur la posture, dans notre formation, ne cherche pas à transformer quiconque en expert du jour au lendemain. Il donne des repères simples : ce qu’on peut dire, ce qu’on peut faire, où s’arrête notre rôle et où commence celui d’un professionnel.
Ce que je propose, concrètement
Si vous ressentez cette hésitation en lisant cet article, c’est normal. Ce n’est pas un obstacle à devenir sentinelle, c’est même souvent un signe d’empathie et de conscience de la gravité du sujet.
La question n’est pas « est-ce que j’ai peur ? », mais « est-ce que cette peur va m’empêcher d’agir en accord avec ce qui compte pour moi ? »
Si la réponse est non, la formation vous attend. : http://relais.patapon95.fr/formation