Enquête sur les violences sexistes et sexuelles à l’école : les actions que nous attendons

Teacher showing a uterus model to a classroom of students during a reproductive health lesson in a bright school room.

Aujourd’hui je suis en colère ! J’ai entendu une interview du ministre de l’Éducation, et j’ai été inondé par cette nouvelle sur les journaux radiophoniques de la chaîne publique que j’écoute habituellement.

Le gouvernement va prendre des mesures concrètes : « Une enquête pour les élèves de la grande maternelle à la terminale. » Je suis outré qu’on nous prenne ainsi pour des perdrix de l’année qui n’ont aucune mémoire de ce qu’il s’est passé depuis des années !

Violences sexistes et sexuelles à l’école : arrêtons de tourner autour du pot

Vous avez entendu la dernière annonce du ministre de l’Éducation nationale ? Grande enquête sur les violences sexistes et sexuelles, de la maternelle à la terminale, tambours et trompettes à l’appui. On nous promet des résultats « sismiques ». Franchement, qui y croit encore ? On connaît déjà la chanson, et elle n’a rien de nouveau. Trois enfants par classe, au minimum, sont touchés. Ce n’est pas une révélation, c’est un constat qui traîne depuis des années. Alors, pourquoi ce battage médiatique soudain ? Va-t-on enfin changer les choses, ou juste rajouter deux lignes sur un questionnaire ?


Des enquêtes, encore des enquêtes… et après ?

Honnêtement, qui pense qu’un formulaire papier va libérer la parole des élèves ? On leur propose de laisser leur nom et prénom pour parler à une « personne de confiance ». Sérieusement ? Les enfants, comme les parents et les enseignants, vivent dans une société où la règle d’or, c’est « pas de vagues ». On préfère éviter les remous, garder la tête basse, espérer que ça passe. Mais la réalité, c’est qu’on ne veut pas juste éviter les vagues. On veut que ces violences cessent, point.

Et, puis, soyons clairs : ce n’est pas la première fois qu’on lance une enquête. Les chiffres sont connus, les rapports s’empilent, les scandales éclatent, puis s’éteignent. On fait mine de s’en occuper, on rassure à coups de grandes annonces, mais sur le terrain, rien ne bouge vraiment. C’est un peu comme repeindre la façade d’une maison qui s’effondre : c’est mignon, cependant ça ne règle rien.


Former les enseignants, oui… mais qui contrôle ?

On nous parle de formation à la détection des signaux faibles. C’est bien, c’est même indispensable. Mais, qui s’assure que ces formations sont suivies ? Qui vérifie que les enseignants, dans les écoles ou les clubs de sport, sont réellement prêts à repérer et accompagner les enfants victimes ? Pour l’instant, personne. Les dispositifs existent sur le papier, cependant dans la réalité, c’est une autre histoire.

Et, puis, il y a l’éducation sexuelle à l’école. On nous dit que ça va devenir une priorité, que les cours seront remis au goût du jour. Mais, là encore, la résistance est forte. Beaucoup de parents refusent que leurs enfants y assistent, souvent pour des raisons religieuses ou culturelles. Résultat : les enfants les plus vulnérables, ceux qui auraient le plus besoin d’informations et de soutien, passent à travers les mailles du filet.


Le tabou du cadre familial : l’éléphant dans la pièce

On parle beaucoup de l’école, mais on oublie généralement que 80 % des agressions ont lieu dans le cadre familial. Oui, il y a des violences à l’école, dans la rue, cependant la majorité se joue à la maison, là où les enfants devraient être en sécurité. C’est un sujet qui fâche, qui dérange, mais qu’on ne peut plus ignorer.

Ainsi, là, l’Éducation nationale se retrouve face à un dilemme impossible. Elle n’est pas là pour éduquer les parents, ni pour régler tous les problèmes de société. Son rôle, c’est de transmettre des savoirs, de former les citoyens de demain. Mais, comment faire quand la première éducation, celle qui se joue à la maison, est défaillante ? On tourne en rond, on se renvoie la balle, et les enfants restent les grands oubliés.


Des actions concrètes, pas des rustines

Vous savez quoi ? Ce qu’on attend, ce ne sont pas des enquêtes de plus, mais des moyens concrets. Former les enseignants, oui, et par ailleurs les parents, les amis, les enfants eux-mêmes. Tout le monde doit apprendre à repérer les signaux faibles, à écouter, à réagir. C’est ce qu’on essaie de faire, à notre échelle, avec des initiatives comme Patapon 95. On forme des sentinelles relais, on investit du temps, de l’énergie, et oui, de l’argent. Pendant ce temps, l’Éducation nationale se contente d’ajouter deux lignes à un questionnaire. C’est frustrant, c’est rageant, mais on continue, parce qu’on n’a pas le choix.

Et, puis, il y a la question du suivi. Qui va accompagner les victimes ? Les associations, souvent sans financement, font ce qu’elles peuvent. Pour les violences conjugales, il existe des dispositifs, des packs, des financements. Mais, pour les enfants, pour les violences sexistes et sexuelles à l’école ou ailleurs, les trous dans la raquette sont énormes. Et, qui s’en occupe ? Toujours les mêmes associations, toujours les mêmes bénévoles, qui tiennent à bout de bras un système qui craque de partout.


Parents, enseignants, société : tous concernés

Alors, on fait quoi ? On attend le prochain scandale, la prochaine une de journal, pour s’émouvoir et promettre des changements ? Ou on décide, enfin, de regarder le problème en face ? Les violences sexistes et sexuelles à l’école, ce n’est pas qu’une affaire d’institution. C’est l’affaire de tous : parents, enseignants, élèves, associations, pouvoirs publics.

Arrêtons de croire que l’Éducation nationale peut tout régler seule. Elle a besoin de moyens, de formation, de soutien. Mais, surtout, il faut que la société accepte de se remettre en question, d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe derrière les portes closes. C’est inconfortable, c’est douloureux, mais c’est indispensable.


Et maintenant ?

On ne demande pas la lune. On demande juste que les promesses soient tenues, que les moyens suivent les annonces, que les enfants soient enfin protégés. Pas demain, pas après-demain. Maintenant !

Parce qu’au fond, on le sait tous : les enquêtes, les rapports, les statistiques, c’est bien. Cependant, ce qui compte, c’est ce qu’on fait, concrètement, pour que plus aucun enfant n’ait à subir ce que tant d’autres ont déjà vécu. Et, ça, ça ne tient pas en deux lignes sur un questionnaire.

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