Briser le Silence : victimes invisibles dans la société

Hier, j’ai appris après moult demandes que nous ne disposons pas de stand au forum des associations. Depuis le mois de mai, l’adjoint au maire responsable des associations joue avec nous au chat et à la souris. Mais, nous ne sommes pas des souris !

Alors, j’ai contacté directement le maire et sa réponse m’a fait frémir. Le sujet ne rend pas de service aux habitants de la ville. C’est un sujet sensible et qui n’a pas sa place dans un forum des associations d’après lui.

D’ailleurs il en est de même pour toutes les associations « Entraide et Solidarité », on ne les prend que si les autres associations, les sportives, culturelles, etc, se désistent.

Sous-entendu : ici, aucun problème n’existe ! Alors n’en ajoutez pas

La ville des Sims, un décor trop parfait ?

Vous avez déjà eu cette impression de vivre dans une ville où tout semble trop lisse, trop calme, presque irréel ? Un peu comme si on était coincé dans un jeu vidéo, entouré de personnages qui sourient tout le temps, où personne ne meurt jamais vraiment, où les enfants grandissent sans jamais croiser la moindre ombre. Franchement, ça fait rêver… ou ça fait peur ?

Dans cette “ville des Sims” – appelons-la ainsi, pour le clin d’œil – il paraît que personne ne connaît la violence. Pas de disputes conjugales, pas de harcèlement, pas de cris dans la nuit. Les enfants ? Ils n’ont aucun souci avec les adultes. Les familles ? Unies, sans histoires. Mais, vous savez quoi ? Sous la moquette, il y a toujours de la poussière. Et parfois, ce qu’on cache, c’est bien plus grave qu’un simple oubli de ménage.


Le forum des associations : miroir d’une société qui choisit ce qu’elle veut voir

Chaque année, c’est le même rituel : le forum des associations. Un moment où la ville se rassemble, où les clubs de foot côtoient les ateliers de peinture, où les parents cherchent une activité pour occuper les mercredis. Mais, attention, il n’y a pas de place pour tout le monde. Ensuite, surtout, il y a des sujets qu’on préfère ne pas voir.

Les associations “sensibles” – celles qui parlent de fin de vie, d’exclusion, de violences sexistes et sexuelles –, on les met à l’écart. Pas de stand, juste une ligne en bas de l’annuaire, comme si leur simple présence risquait de gâcher la fête. C’est un peu comme si on disait : “Ici, tout va bien, pas besoin de parler de ça.” Mais est-ce vraiment le cas ?


Les sujets sensibles : pourquoi les violences sexistes et sexuelles restent sous le tapis ?

On pourrait croire que dans une ville modèle, aucune place n’existe pour la violence. Mais, la réalité, c’est que le silence ne fait pas disparaître les problèmes. Il les rend invisibles. Les violences sexistes et sexuelles, ce ne sont pas des sujets “importés” d’ailleurs. Elles existent partout, même là où on ne veut pas les voir.

Pourquoi ce malaise à en parler ? Peut-être parce que ça dérange. Parce que ça oblige à regarder en face ce qu’on préférerait ignorer. Parce que ça remet en question l’image parfaite qu’on veut donner de sa ville, de son école, de sa famille. Mais, à force de balayer sous le tapis, on finit par trébucher dessus.


Invisibilisation des victimes : où sont passés ceux qui souffrent ?

Quand on écoute les discours officiels, on a l’impression que les victimes ont disparu. Les personnes qui demandaient de l’aide, qui cherchaient un toit après avoir été rejetées par leur famille, celles qui ont osé dénoncer un viol ou des coups… Elles n’existent plus. Elles ont “déménagé”, paraît-il. Ou alors, elles n’ont jamais existé.

Mais, la vérité, c’est qu’elles sont juste devenues invisibles. On ne veut pas les voir, alors on fait comme si elles étaient absentes. Pourtant, les professionnels – psychologues, enseignants, travailleurs sociaux – savent bien qu’elles existent. Ils les croisent, ils les écoutent, ils essaient de les aider. Mais, sans relais, sans soutien, sans reconnaissance, leur travail devient un combat solitaire.


L’école, les jeunes, et le rôle des parents : éduquer ou ignorer ?

Et, l’école, dans tout ça ? On aime dire que l’école est un lieu de protection, d’éducation, d’éveil. Mais, si on refuse d’aborder les sujets qui fâchent, comment préparer les jeunes à affronter la réalité ? Les violences sexistes et sexuelles, ce n’est pas un “problème d’adultes”. Ça commence tôt, parfois dès la cour de récré.

Les parents, eux aussi, ont un rôle à jouer. Mais, comment parler de ce qu’on ne veut pas voir ? Comment expliquer à son enfant qu’il a le droit de dire non, qu’il peut demander de l’aide, si tout le monde fait comme si tout allait bien ? C’est un peu comme essayer d’apprendre à nager sans jamais mettre les pieds dans l’eau. On peut toujours espérer, mais le jour où la vague arrive, on coule.


L’illusion du “pas de problème ici” : quand le silence fait mal

On pourrait se dire que c’est rassurant, cette illusion d’une ville sans problème. Cependant, honnêtement, c’est surtout dangereux. Parce que le silence protège les agresseurs, pas les victimes. Parce que l’indifférence isole ceux qui souffrent. Parce que, finalement, on finit tous par se retrouver dans la piscine… sans échelle pour en sortir.

Vous savez, cette image du jeu Les Sims, où l’on enlève l’échelle de la piscine et où le personnage ne peut plus remonter ? C’est cruel, mais c’est exactement ce que ressentent ceux qu’on laisse sans aide, sans écoute, sans reconnaissance. On les regarde couler, en se disant que, de toute façon, “ça n’arrive pas chez nous”.


Espoir et lucidité : changer la donne, c’est possible ?

Heureusement, toutes les villes ne sont pas des villes de Sims. Il y a des endroits où on ose parler, où on ose agir. Où les associations sont accueillies, écoutées, soutenues. Où les jeunes peuvent poser des questions, où les parents peuvent trouver des réponses. Où l’école ne ferme pas les yeux.

Changer les choses, c’est difficile. Ça demande du courage, de la persévérance, parfois un brin d’insolence. Mais c’est possible. Et, ça commence par un geste simple : accepter de voir la réalité, même quand elle dérange. Parce qu’on ne protège pas les enfants en leur cachant la vérité. On les protège en leur donnant les moyens de se défendre, de parler, de demander de l’aide.


Et, si on arrêtait de jouer aux Sims ?

Alors, la prochaine fois qu’on vous dira “chez nous, il n’y a pas de problème”, posez la question : “Et si on regardait sous le tapis ?” Parce que la vraie vie, ce n’est pas un jeu vidéo. Les blessures ne disparaissent pas quand on éteint l’ordinateur. Les victimes ne s’en vont pas d’un simple clic.

Il est temps de sortir de la ville des Sims. D’ouvrir les yeux, d’ouvrir les portes, d’ouvrir la parole. Pour que plus personne n’ait à se sentir piégé dans une piscine sans échelle. Pour que chaque enfant, chaque jeune, chaque adulte puisse vivre, vraiment – et pas seulement faire semblant.


Ressources utiles :

Parce qu’on a tous le droit à la vraie vie. Pas à une version édulcorée où les problèmes n’existent que dans les jeux vidéo.

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