Développement des compétences psychosociales

Quand la chaleur et la morosité se transforment en espoir : Chronique d’un engagement contre les violences de genre

Il y a des matins où tout semble pesant, où la chaleur colle à la peau et où l’inquiétude s’invite au petit-déjeuner. Hier, c’était exactement ça. Un de ces jours où la voiture affiche 42 degrés même à l’ombre, où l’air semble lourd, et où les questions sur l’avenir de l’association Patapon 95 tourbillonnent dans la tête. Mais, vous savez quoi ? Parfois, il suffit d’un déclic, d’une bonne nouvelle, ou d’un moment partagé pour que tout bascule. Laissez-moi vous raconter comment nous en sommes arrivés à travailler sur les compétences psychosociales.


L’argent, nerf de la guerre… ou pas ?

Brigitte, ma complice de longue date, m’a lancé : « Il faudrait qu’on regarde comment faire avancer Patapon 95. » On a un budget annuel de 800 à 900 euros, et cette année, on n’a récolté qu’une centaine d’euros. Autant dire qu’il reste du chemin. Alors, comment faire ? Les adhésions ? Oui, mais on ne court pas après les membres juste pour gonfler les chiffres. Ce qu’on veut, ce sont des gens qui s’engagent vraiment, qui partagent notre combat contre les violences de genre et pour l’égalité femmes-hommes.

Mais soyons honnêtes : même les petits dons comptent. Un billet de 20 euros, c’est déjà un geste. Et puis, il y a les dons déductibles des impôts – 66 %, c’est pas rien ! Pourtant, qui donne ? Ceux qui soutiennent déjà les Restos du cœur, la Croix-Rouge, ou d’autres associations, on ne va pas leur demander de tout donner à Patapon 95. Même si, entre nous, ça nous ferait plaisir qu’ils pensent à nous de temps en temps.

On a aussi pensé au micro-don, à solliciter des fondations, à frapper à la porte des mécènes. Mais les réponses se font attendre. Alors, on continue : on rencontre les partenaires, les commissariats, les CCAS, les travailleurs sociaux. Mais tout ça, ça ne paie pas les factures.


L’autofinancement ? Oui, mais…

On s’est dit : « Et si on mettait nous-mêmes les 800 euros ? » Après tout, on a une petite retraite. Mais 800 euros, c’est une somme. Et puis, les subventions ? On n’y croit pas trop, surtout après avoir vu le CIDFF du 60 mis en liquidation faute de financements, ou les coupes budgétaires dans le Val-d’Oise et la Loire-Atlantique. Dépendre des politiques, c’est risqué. Et ce n’est pas l’argent qui nous motive, mais l’aide aux victimes.


Les victimes, parlons-en

On ne va pas demander un centime aux victimes. Ce serait la double peine. Déjà, pour obtenir un rendez-vous en CMP, il faut attendre des mois. Chez un psychologue libéral, c’est 65 à 70 euros la séance. Certains font des tarifs solidaires, mais ils ne peuvent pas tout offrir non plus. Et puis, il y a celles qui n’ont plus rien, victimes de violences financières, privées de tout par leur conjoint. Ces personnes, on veut les aider. Pas question de leur facturer quoi que ce soit.


Créer du lien, inventer des solutions

Alors, on a réfléchi : pourquoi ne pas organiser des événements à contribution libre ? Mais attention, pas question de marcher sur les plates-bandes des autres associations. On veut faire différent, apporter notre touche, notre expérience.

Notre force, c’est notre réseau de psychologues bénévoles – bientôt dix ! – et notre expérience en formation. Brigitte et moi, on a des années de pratique en thérapies comportementales, en PNL, en hypnose, en coaching. On a animé des stages, formé des coachs, partagé des moments forts. Et puis, à la retraite, on s’est dit : « Pourquoi ne pas créer cette association ? » Patapon 95 est née de cette envie de continuer à agir, ensemble.


Les ateliers : transmettre, partager, grandir

Et là, l’idée a germé : lancer des ateliers sur les compétences psychosociales. Trois ateliers, trois thèmes, pour apprendre à mieux gérer ses émotions, à communiquer, à penser de façon critique. On les a mis en ligne sur HelloAsso, partagé sur Facebook. Rien que ça, ça m’a redonné la pêche !

On propose ces ateliers à 15 euros la journée, avec la possibilité de donner plus si le cœur vous en dit. Et pour les dons, il y a la réduction d’impôt. On ne cherche pas la rentabilité, juste à couvrir nos frais et à continuer l’aventure.


Une bonne nouvelle, et tout change

Et puis, miracle ! Une association nous a accordé un financement. Je ne peux pas encore citer son nom, mais croyez-moi, leur geste nous sauve l’année. On va pouvoir assurer les ateliers, même s’il n’y a que deux participants. Huit, ce serait l’idéal pour la dynamique de groupe, mais on fera avec ce qu’on a. On a choisi le présentiel, trois jours, trois thèmes, pendant l’été. Les ateliers sont indépendants mais complémentaires. Les enfants, les ados, les adultes : tout le monde peut y trouver son compte, avec l’accord des parents pour les plus jeunes. Et hop, nous choisissons le développement des compétences psychosociales.


Pourquoi les compétences psychosociales ?

Vous vous demandez peut-être : à quoi ça sert, tout ça ? Eh bien, ces compétences, c’est la base pour mieux gérer le stress, les conflits, pour renforcer la confiance en soi, pour réussir à l’école, au travail, dans la vie. C’est pour tout le monde, vraiment. Et c’est simple, finalement : apprendre à reconnaître ses émotions, à communiquer, à résoudre des problèmes. Rien de sorcier, mais tellement essentiel.


La journée s’achève… et le moral remonte

Hier, la journée avait commencé dans la morosité, la chaleur, l’incertitude. Elle s’est terminée dans la joie, la satisfaction d’avoir avancé, d’avoir partagé un moment fort avec Brigitte, d’avoir rencontré des travailleurs sociaux, des psychologues, d’avoir semé des graines pour l’avenir.

Il y a des jours comme ça, où tout bascule. Ce qui fait la différence ? C’est d’être fidèle à ses valeurs, de les vivre au quotidien, de ne pas lâcher, même quand c’est difficile. Et vous, qu’est-ce qui vous fait tenir ? Qu’est-ce qui vous donne envie de continuer, malgré les obstacles ?


Pour conclure, un mot d’espoir

L’égalité femmes-hommes, la lutte contre les violences de genre, ce n’est pas qu’une question de moyens. C’est une question de volonté, de solidarité, de petits gestes qui, mis bout à bout, changent la donne. Si vous avez envie de nous rejoindre, de participer, de soutenir, même modestement, sachez que chaque action compte.

Et si, comme nous, vous avez des journées qui commencent mal et finissent bien, c’est peut-être le signe que vous êtes sur la bonne voie. Gardez le cap, restez fidèles à vos valeurs, et, qui sait, la prochaine bonne nouvelle est peut-être pour demain.


Pour en savoir plus sur nos ateliers ou soutenir Patapon 95, rendez-vous sur notre site ou sur HelloAsso. Et surtout, prenez soin de vous et des autres.

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