Ah, la France et l’Espagne, deux voisins qui se disputent parfois la médaille du « meilleur élève » en Europe, mais qui, en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, jouent clairement dans des catégories différentes. Laissez-moi vous raconter cette histoire, parce que, franchement, c’est un peu comme comparer deux recettes de paella : l’une est riche, bien garnie, et l’autre… disons qu’elle manque encore de quelques ingrédients essentiels.
Une population qui joue les montagnes russes
D’abord, mettons les choses en perspective. La France, avec ses 69 millions d’habitants, fait figure de géant face à l’Espagne et ses 49 millions. C’est un peu comme comparer un buffet à volonté avec un dîner entre amis : forcément, les besoins ne sont pas les mêmes. Mais attention, ce n’est pas une excuse pour lésiner sur les moyens, hein ! Parce que, spoiler alert, l’Espagne, malgré sa taille plus modeste, met les petits plats dans les grands.
Le budget : quand l’Espagne sort le grand jeu
Ah, le nerf de la guerre, le budget. Et là, accrochez-vous, parce que l’Espagne met la barre très, très haut. Avec 748 millions d’euros consacrés chaque année à la lutte contre les violences faites aux femmes, elle dépense trois fois plus par habitant que la France, qui plafonne à 360 millions d’euros. Oui, vous avez bien lu. C’est un peu comme si l’Espagne organisait une fête somptueuse avec champagne et feux d’artifice, pendant que la France se contentait d’un apéro chips-saucisson. Et ne parlons même pas des places d’hébergement spécialisées : 8 660 en Espagne contre 5 800 en France. Là encore, l’Espagne fait la course en tête.
Mais pourquoi un tel écart ?
Eh bien, tout est une question de vision et de timing. L’Espagne a pris les devants dès 2004 avec une loi-cadre intégrale qui a tout changé. Imaginez : des tribunaux spécialisés, un système d’évaluation des risques ultra-performant (le fameux VioGén), et même un Pacte d’État en 2017 qui a injecté 1 milliard d’euros sur cinq ans. Pendant ce temps, la France, fidèle à sa réputation de pays des Lumières, a préféré réfléchir, débattre, et… attendre. Ce n’est qu’en 2019, avec le Grenelle des violences conjugales, qu’elle a commencé à accélérer. Mais bon, quand on part avec 15 ans de retard, difficile de rattraper le peloton.
Les chiffres qui font mal
Et là, on arrive au cœur du sujet : les féminicides. En Espagne, grâce à ses investissements massifs, le nombre de victimes mortelles stagne autour de 50 par an. En France, en revanche, on oscille entre 110 et 160. Oui, c’est presque le triple. Et pourtant, la population française n’est pas trois fois plus grande. Alors, que se passe-t-il ? Eh bien, c’est simple : l’Espagne a réussi à casser sa courbe de manière structurelle, tandis que la France peine encore à descendre durablement sous la barre des 100 victimes annuelles. C’est un peu comme si l’Espagne avait trouvé la recette magique, et que la France tâtonnait encore en cuisine.
Le traitement judiciaire : deux philosophies, deux mondes
Et là, on touche à un point crucial : la manière dont les deux pays traitent les affaires de violences. En Espagne, c’est le guichet unique. Un seul juge, formé spécialement, qui s’occupe à la fois du pénal (les coups, les menaces) et du civil (le divorce, la garde des enfants). Pratique, non ? En France, en revanche, on préfère la séparation des pouvoirs. Un juge pour le pénal, un autre pour le civil. Résultat : des procédures éclatées, des délais interminables, et parfois des décisions contradictoires. Vous voyez le problème ?
Pourquoi la France ne copie-t-elle pas l’Espagne ?
Ah, la grande question. Pourquoi ne pas simplement calquer le modèle espagnol ? Eh bien, il y a plusieurs raisons. D’abord, la culture juridique française, qui tient à la séparation des contentieux. Ensuite, le manque de moyens : créer des tribunaux spécialisés, ça coûte cher, et la justice française est déjà sous-financée. Enfin, il y a le refus d’une justice d’exception, par peur de fragmenter le système judiciaire. Bref, c’est compliqué. Mais pendant que la France réfléchit, l’Espagne agit.
En conclusion : deux voisins, deux réalités
Alors voilà, la France et l’Espagne, deux pays si proches, mais si différents dans leur approche des violences faites aux femmes. L’Espagne, avec son arsenal législatif et ses investissements massifs, montre qu’il est possible de faire reculer durablement ce fléau. La France, elle, avance, mais à petits pas. Et moi, dans tout ça, je ne peux m’empêcher de me demander : à quand une vraie révolution française sur ce sujet ? Parce que, franchement, il est temps de passer à la vitesse supérieure.
Certains vont encore dire que je suis un idéologue, et que je veux cliver la population. Je réponds : Non je ne veux pas cliver, je veux juste que l’hécatombe s’arrête !
En attendant, si on signait la pétition de la fondation des femmes : Non aux coupes budgétaires qui mettent les femmes en danger !
Sources : Centre Hubertine Auclert, Délégation du Gouvernement espagnol contre la violence de genre, INE, Ministère de l’Intérieur, #NousToutes, rapports associatifs et institutionnels 2020-2026.