Précision de langage sur les violences de genre

Plan de l’article

  1. Introduction : Pourquoi les mots comptent
  2. L’exemple qui dérange : « Elle s’est fait violer »
  3. Qui porte la responsabilité ?
  4. Le poids du langage dans la culture patriarcale
  5. La culture du viol, c’est aussi dans nos phrases
  6. Changer les mots, changer les mentalités
  7. Conclusion : Réfléchir, c’est déjà agir

Les mots qui blessent : quand le langage trahit la réalité des violences de genre

Vous savez, parfois, il suffit d’une phrase toute simple pour révéler à quel point notre société reste engluée dans des schémas patriarcaux. J’ai envie de vous parler d’un détail de langage, minuscule en apparence, mais qui pèse lourd dans la balance de l’égalité femme-homme. Parce que, franchement, les mots ne sont jamais neutres.

« Elle s’est fait violer » : une tournure qui dérange

Prenons un exemple qu’on entend trop souvent : « La jeune fille est sortie en boîte et à la sortie de la discothèque, elle s’est fait violer par un inconnu. »
Vous l’avez déjà entendue, non ? Peut-être même prononcée sans y penser. Mais attendez, il y a un vrai souci ici. On dit « elle s’est fait violer ». Comme si, d’une certaine façon, la victime avait participé à ce qui lui est arrivé. Comme si elle avait, d’une manière ou d’une autre, pris part à l’action.

C’est absurde, non ? Personne ne décide de se faire violer. Personne ne va dans la rue en cherchant un agresseur. Cette tournure, pourtant banale, laisse planer un doute, une ombre de responsabilité sur la victime. Et ça, c’est insupportable.

Qui est responsable ? Spoiler : ce n’est jamais la victime

Soyons clairs : dans un viol, il n’y a qu’un seul responsable. Le violeur. Point.
La victime, elle, n’a rien demandé, rien provoqué, rien cherché. Elle n’a pas « participé » à son agression. Dire « elle s’est fait violer », c’est comme glisser, mine de rien, que la victime aurait eu un rôle à jouer dans ce crime. C’est faux, et c’est dangereux.

Vous voyez où je veux en venir ? Ce genre de tournure, on l’utilise sans y penser, mais elle façonne notre façon de voir les choses. Elle entretient, insidieusement, l’idée que la victime aurait pu éviter ce qui lui est arrivé. Comme si, au fond, elle portait une part de responsabilité. Mais non. Jamais.

Le langage, miroir du patriarcat

On ne va pas se mentir : notre langue, nos expressions, sont imprégnées de siècles de domination masculine. Ce n’est pas juste une question de grammaire ou de syntaxe. C’est une question de culture, de mentalités, de réflexes inconscients.

Quand on dit « elle s’est fait violer », on efface le violeur. On rend la victime actrice de son propre malheur. C’est un peu comme si, dans un accident de voiture, on disait « il s’est fait renverser » au lieu de « il a été renversé par une voiture ». On sent bien que quelque chose cloche, non ?

La culture du viol, c’est aussi dans nos phrases

La fameuse « culture du viol », on en parle beaucoup, mais on oublie parfois qu’elle se niche dans les détails. Dans nos mots, nos blagues, nos sous-entendus.
C’est cette culture qui fait qu’on demande à une femme comment elle était habillée, pourquoi elle était seule, pourquoi elle n’a pas crié plus fort. C’est cette culture qui fait qu’on cherche toujours, quelque part, à trouver une explication du côté de la victime.

Mais la vérité, c’est qu’il n’y a qu’une cause au viol : le violeur. C’est tout.
Changer nos mots, c’est déjà commencer à changer nos mentalités. C’est refuser de laisser planer le moindre doute sur la responsabilité de la victime.

Changer les mots, changer les regards

Alors, oui, ça peut paraître anodin. Mais ce n’est pas rien.
Dire « elle a été violée » au lieu de « elle s’est fait violer », c’est remettre les choses à leur place. C’est pointer du doigt le vrai coupable. C’est refuser de laisser le patriarcat s’infiltrer dans nos phrases du quotidien.

Et puis, soyons honnêtes, c’est aussi une façon de montrer qu’on avance. Qu’on réfléchit. Qu’on ne laisse plus passer ces petits glissements de sens qui, mis bout à bout, finissent par peser lourd.

Penser, c’est déjà agir

Changer le monde, ça commence parfois par changer une phrase.
Alors la prochaine fois que vous entendrez « elle s’est fait violer », n’hésitez pas à reprendre, gentiment mais fermement : « Non, elle a été violée. » Parce que les mots comptent. Parce qu’ils façonnent nos idées, nos lois, nos vies.

Et si on commençait, ensemble, à parler autrement ?
Bonne réflexion.

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