Et, si on parlait de la motivation ? Depuis le livre de Daniel PINK en 2011 qui s’intitule « La vérité sur ce qui nous motive ». A-t-on vraiment progressé dans les entreprises ? Si je reprends les propos de Julia de Funès : « Le bonheur au travail est une hypocrisie managériale », alors que se passe-t-il ?
Dans l’entreprise, peut-on prendre en charge le bonheur des salariés ? Je suis du même avis que Julia de Funès, là-dessus : finalement, il est impossible de prendre en charge le bonheur de quelqu’un d’autre que de soi ! Le bonheur est absolument une affaire personnelle. Ce qui me rend heureux est différent de ce qui rend les autres heureux et c’est normal, puisque je ne suis pas les autres. Alors imaginez, dans une entreprise de 3000 personnes, il y a près de 3000 définitions du bonheur individuel.
Bien sûr il y a des points communs dans la perception de chacun du bonheur. Déjà, pour commencer, nous devons savoir nous mettre au présent parfois, ce qui est une compétence individuelle. Qui peut s’apprendre, mais encore faut-il le vouloir ? Ensuite, vivre en posant des actions qui nous rapprochent de ce qui est important pour nous au quotidien, ce que l’on appelle les valeurs personnelles ou directions de vie choisies (DVC) , en ACT, et cela dans chacun de nos domaines de vie, car les DVC sont contextuelles. Houla, ça se complique notablement, non ?
Alors ? Verdict ? Je crois réellement qu’elle a raison, les tenants de la psychologie positive ont beau mettre en place un contexte favorable au bonheur, c’est vraiment « le bonheur si je peux » et non le bonheur, si je veux ! Arrêtons de culpabiliser les personnes en leur disant « Tu as tout pour être heureux, alors ? Que fais-tu ? »
Vous vous apercevez que cela rejoint le discours des tenants de la loi d’attraction : « Il suffit de penser à la réussite, pour réussir »… J’ai longuement écrit là-dessus, et j’ai affirmé mon désaccord avec cette fameuse, fumeuse, loi, qui n’en est pas une !
Julia de Funès, dans ces discours, énonce plutôt qu’il faut cultiver d’une part le sens, d’autre part l’autonomie et l’écoute, et la compréhension des salariés… Mais cela… Je l’ai déjà lu, et écrit… En 2016, j’écrivais une série de 10 articles sur « Comment motiver qui ne l’est pas ? » où je recherchais comment faire naitre la motivation.
Mais, si je reprends ce que j’enseignais à mes élèves-coachs, il y a plus simple comme approche en entreprise, il suffit de reprendre le cycle de la motivation 3,0 de Daniel Pink. (voir schéma au début de l’article)
Nous y retrouvons dans ce cycle, le triptyque :
Finalité – Autonomie – Maitrise
Ainsi, l’on y retrouve la charpente du raisonnement de Julia de Funès quand elle défend l’idée que l’entreprise perd ses ressources vives, parce que l’entreprise ne permet pas le développement de celles-ci.
Et, si les happyness officers de tout poil étaient remplacés par des architectes de l’organisation d’entreprise qui tenaient compte de ces principes simples ?
- Si au lieu de mettre en place des baby-foot, et des constructions autour des Kaplas ou des Légos, on recherchait comment rendre l’autonomie aux salariés ?
- Si au lieu de créer des process complètement fermés on travaillait sur la finalité de ceux-ci au plus proche des valeurs des salariés.
- Si au lieu de faire des PowerPoints abscons, on recherchait comment capitaliser sur les erreurs de chacun ?
Pas facile ça, hein ? Au lieu de confondre bonheur et bien-être, et de tomber dans ce piège du bonheur, les dirigeants d’entreprise pourraient se pencher sur les clés de la motivation. En commençant par eux-mêmes !
Finalement, la motivation est toujours au cœur du réacteur… Tu vois qu’il faut y revenir parfois…