Cet article a commencé par un post sur Facebook qui disait : « Les gens les plus gentils sont ceux qui se mettent le plus vite en colère ». De là, une série d’interventions où chacun de se dire le « plus gentil » et qui effectivement se met en colère rapidement. Il y avait même des formulations fleuries autour de ce thème : « Trop bon, trop con ! ».

Bien entendu cela à éveillé en moi, un flot de pensées, autour de la gentillesse, car « être gentil et généreux » est une de mes directions de vie choisies. Vous savez ce que j’appelle dans d’autres articles « Les valeurs« .

Un petit rappel sur ce qu’est une direction de vie choisie.

  1. Tout d’abord c’est quelque chose qui donne du sens à ma vie. C’est-à-dire que sans cela, je sens que ma vie n’est pas aussi connectée à la vie. Je m’éloigne de qui je suis. Je me perds dans les méandres du quotidien. Je ne vois plus l’avenir.
  2. Ensuite c’est quelque chose qui est sous mon contrôle total. Donc cela ne dépend pas des autres ni des circonstances. Par exemple : « Je veux que mes enfants soient heureux » n’est pas sous mon contrôle total et donc ne peut pas être une direction de vie choisie.
  3. Et pour finir (mais il y a encore bien des choses qu’on pourrait en dire) une direction de vie choisie peut se vivre chaque jour de sa vie.

Ça élimine pas mal de choses qui dirigent notre vie, n’est-ce pas ?

Je reviens au sujet de mon article du jour : « Je veux être gentil », mais … peut-on être gentil, et y a-t-il des cas où l’on est « trop gentils » ?

Vous connaissez peut-être l’histoire du moine et du scorpion ? Je vais vous la rappeler.

Un Maître zen vit un scorpion se noyer et décida de le sortir de l’eau.
Lorsqu’il le fit, le scorpion le piqua.
Par l’effet de la douleur, le Maître lâcha l’animal qui, de nouveau, tomba à l’eau.
Le Maître tenta de le sortir à nouveau, et l’animal le piqua encore.

Un jeune disciple qui était en train d’observer , se rapprocha du Maître et lui dit :
 » Excusez-moi Maître, mais pourquoi insistez-vous? Ne comprenez-vous pas qu’à chaque fois que vous tenterez de le tirer de l’eau il va vous piquer? »

Le Maître répondit :  » La nature du scorpion est de piquer , et cela ne va pas changer la mienne qui est d’aider. »
Alors, le Maître réfléchit , et à l’aide d’une feuille, il tira le scorpion de l’eau, lui sauvant ainsi la vie.

De cette petite histoire on peut en déduire pas mal de choses, n’est-ce pas… Remarquez comment à la fin pour arriver à ses fins le Maître a changé ses comportements avec une feuille pour éviter la fameuse piqure. Il en existe beaucoup de versions qui ont toutes un fond commun. Le maître reste fidèle à son « essence » c’est-à-dire à ce qui est essentiel pour lui et qui donne du sens à sa vie, quelles que soient les contingences.

Je vais vous raconter une histoire que je viens de vivre la semaine dernière, dans Saint-Prix, sur la D144, sur la partie où elle s’appelle rue Louis et Gérald Donzelle. J’allais vers Saint-Leu-La-Forêt, sur cette voie qui est limitée à 30km/h. Et comme je n’arrive vraiment pas à m’y faire de rouler à cette vitesse, je me suis habitué à mettre le régulateur de vitesse à 30km/h pour ne pas avoir à m’occuper de regarder le compteur. Je trouve cela dangereux de passer son temps à me stresser avec la vitesse à respecter. Et en agissant comme je le fais, je respecte la vitesse et je peux profiter de mon déplacement et voir ce qui se passe autour de moi… Et j’ai le temps !

Donc pendant que j’avance je remarque une vieille dame avec un déambulateur qui s’engage sur la chaussée en dehors de tout passage protégé pour aller de l’autre coté. N’écoutant que ma gentillesse que je veux toujours vivre… Je décide de m’arrêter pour la laisser passer. Elle traverse à la vitesse d’un escargot au galop ! (Voire plus lentement encore)…

Des voitures derrière moi commencent à klaxonner… Je me retourne en leur souriant et en montrant la vieille… Qui finit par arriver sur l’autre rive. Ouf !

Et là… Elle se retourne. Elle me regarde. Et contre toute attente, elle me fait un doigt d’honneur ! J’explose… de rire !

Et cela me fait prendre conscience, de mon intention. Quand je me suis arrêté pour la laisser passer… J’ai simplement répondu à mon envie (besoin?) d’être moi et de me rapprocher de l’essence de ma vie. Et cela m’a fait penser à l’échange sur Facebook… Quand j’étais jeune, j’avais de l’attente envers les autres, souvent. J’étais gentil, mais pas pour moi… Enfin si … J’attendais « au moins un merci »… Cela me nourrissait. Et quand je ne recevais pas ce merci, je me mettais en colère. En colère contre l’autre, ou contre moi…

Aujourd’hui cette action est orientée pour vivre mes valeurs au quotidien… Comment je le sais ? Parce que dans cette expérience, mon action ma connecté à la joie ! Une franche joie, qui s’apparente au bonheur. (Voir Spinoza : L’Ethique)… Pas de tristesse… Juste de la joie.

Alors ? Ce n’est pas toujours facile d’être gentil avec un  sale con… Comme le Maitre zen de l’histoire, il faut savoir adapter ses stratégies. Toutes nos directions de vies choisies sont de même. Pas toujours faciles à mettre en œuvre. Peut-être qu’un bon désespoir créatif pourrait pour aider ?

Je reviendrai sur ce désespoir plus en détail dans un autre post. Bonne route sur le chemin du bonheur.