{"id":10515,"date":"2026-04-18T11:37:19","date_gmt":"2026-04-18T09:37:19","guid":{"rendered":"https:\/\/carnicelli.eu\/?p=10515"},"modified":"2026-04-18T11:39:01","modified_gmt":"2026-04-18T09:39:01","slug":"deux-romans-deux-reflexions-sur-la-violence-et-une-bd-despoir-cest-notre-affaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/2026\/04\/18\/deux-romans-deux-reflexions-sur-la-violence-et-une-bd-despoir-cest-notre-affaire\/","title":{"rendered":"Deux romans, deux r\u00e9flexions sur la violence et une BD d&rsquo;espoir, c&rsquo;est notre affaire"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Esquisse de l\u2019article<\/h3>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Introduction<\/li>\n\n\n\n<li>Quand la violence se cache sous la surface : Madeleine avant l\u2019aube<\/li>\n\n\n\n<li>C\u0153ur d\u2019amande : lumi\u00e8re sur la mis\u00e8re et la parole<\/li>\n\n\n\n<li>Deux chemins, un m\u00eame espoir<\/li>\n\n\n\n<li>Obsc\u00e9nit\u00e9, tabou et soci\u00e9t\u00e9 : le cas Gis\u00e8le Pelicot<\/li>\n\n\n\n<li>Changer les r\u00e8gles du jeu<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c9motions, prise de conscience et transmission<\/li>\n\n\n\n<li>Conclusion<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Parler de violence, c\u2019est obsc\u00e8ne ? Ou c\u2019est seulement n\u00e9cessaire ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Franchement, qui n\u2019a jamais referm\u00e9 un livre en se disant : \u00ab Mais comment peut-on \u00e9crire \u00e7a ? \u00bb C\u2019est la question qui m\u2019a travers\u00e9 l\u2019esprit apr\u00e8s avoir lu <em>Madeleine avant l\u2019aube<\/em> et <em>C\u0153ur d\u2019amande<\/em>. Deux romans, deux ambiances, mais une m\u00eame claque. On parle souvent d\u2019\u00e9cologie punitive, de ZFE (zones \u00e0 faibles \u00e9missions), de compte carbone\u2026 Cependant la vraie \u00e9cologie, c\u2019est aussi celle de nos \u00e9motions, de nos silences, de ce qu\u2019on cache sous le tapis. Et, l\u00e0, croyez-moi, il y a du boulot.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un article pr\u00e9c\u00e9dent, j&rsquo;affirmais \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/2026\/03\/29\/quand-le-silence-protege-la-violence-faite-aux-femmes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" title=\"Quand le silence prot\u00e8ge la violence faite aux femmes.\">Le silence <\/a>tue\u00a0\u00bb. Cet article reprend cette id\u00e9e et va plus loin dans la r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Sous la surface, la temp\u00eate : Madeleine avant l\u2019aube<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans <em>Madeleine avant l\u2019aube<\/em>, tout est feutr\u00e9, pr\u00e9cis, presque chirurgical. L\u2019ambiance est sombre, la violence omnipr\u00e9sente, mais jamais cri\u00e9e. C\u2019est comme une mer d\u2019huile o\u00f9, sous la surface, grondent les pires temp\u00eates. Les viols, les amours contrari\u00e9es, les actes du fils du seigneur\u2026 tout est l\u00e0, tapi, pr\u00eat \u00e0 surgir. Madeleine, elle, encaisse. Elle laisse passer la vague, elle attend son heure. Et puis, elle agit. Radicalement. Elle tue, puis s\u2019en va. Dix ans plus tard, elle reviendra. Mais ce silence, cette fa\u00e7on de tout garder \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, \u00e7a vous prend aux tripes. On sent que la soci\u00e9t\u00e9 impose ses codes, ses images, et que la violence, m\u00eame quand elle n\u2019explose pas, finit par tout contaminer.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">C\u0153ur d\u2019amande : quand la lumi\u00e8re perce la mis\u00e8re<\/h3>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019oppos\u00e9, <em>C\u0153ur d\u2019amande<\/em> c\u2019est le soleil apr\u00e8s l\u2019orage. Le style s\u2019envole, l\u2019ambiance de banlieue, la mis\u00e8re, tout est l\u00e0, mais il y a une \u00e9nergie, une rage de vivre. Le h\u00e9ros, handicap\u00e9, ne veut rien taire. Il refuse le silence, il explose \u00e0 la moindre injustice, au moindre mot de travers. Il s\u2019appelle lui-m\u00eame \u00ab nain \u00bb, comme pour d\u00e9samorcer la moquerie, mais il ne laisse rien passer pour les autres. Il ne supporte pas qu\u2019on se plaigne, qu\u2019on parle de handicap comme d\u2019une fatalit\u00e9. C\u2019est l\u2019exact oppos\u00e9 de Madeleine : l\u00e0 o\u00f9 elle se tait et agit, lui parle, crie, r\u00e9agit parfois de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e. Mais au fond, c\u2019est la m\u00eame lutte : sortir de la mis\u00e8re, refuser l\u2019\u00e9tat initial, ne pas se laisser d\u00e9finir par la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Deux chemins, un m\u00eame espoir<\/h3>\n\n\n\n<p>Ce qui frappe, c\u2019est que malgr\u00e9 tout, il y a de l\u2019espoir. Deux m\u00e9thodes, deux temp\u00e9raments, mais une m\u00eame volont\u00e9 de s\u2019en sortir. Que ce soit la jeune fille qui a tout perdu ou l\u2019homme de petite taille qui refuse le silence, chacun cherche sa lumi\u00e8re. Et \u00e7a, franchement, \u00e7a fait du bien. Parce que la litt\u00e9rature, c\u2019est aussi \u00e7a : montrer qu\u2019on peut s\u2019en sortir, m\u00eame quand tout semble perdu.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Obsc\u00e9nit\u00e9, tabou et soci\u00e9t\u00e9 : le cas Gis\u00e8le Pelicot<\/h3>\n\n\n\n<p>Et, puis, il y a ce mot qui f\u00e2che : obsc\u00e8ne. On a reproch\u00e9 au livre de Gis\u00e8le Pelicot d\u2019\u00eatre obsc\u00e8ne, dans mes relations. Mais, honn\u00eatement, c\u2019est quoi, l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9 ? D\u00e9crire la mis\u00e8re, la violence, les viols, c\u2019est obsc\u00e8ne ? Ou c\u2019est juste regarder la r\u00e9alit\u00e9 en face ? Parce que si on commence \u00e0 dire que parler de ce qui d\u00e9range, c\u2019est obsc\u00e8ne, alors on ne parlera plus de rien. Le livre de Gis\u00e8le Pelicot, \u00e9crit avec une journaliste, raconte l\u2019abominable, oui. Mais, il le fait avec justesse, sans voyeurisme. Il met le doigt l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait mal : le patriarcat, le d\u00e9ni, la fabrication sociale des bourreaux. Et \u00e7a, \u00e7a d\u00e9range. Mais c\u2019est n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Changer les r\u00e8gles du jeu<\/h3>\n\n\n\n<p>Vous savez quoi ? Nous ne sommes pas oblig\u00e9s de rester tels quels. Les femmes se regroupent, cr\u00e9ent des associations comme \u00ab Nous toutes \u00bb, r\u00e9clament l\u2019\u00e9galit\u00e9, refusent d\u2019\u00eatre cantonn\u00e9es \u00e0 la cuisine ou \u00e0 l\u2019\u00e9ducation des enfants. Et, les hommes, alors ? Pourquoi faudrait-il qu\u2019ils restent prisonniers de leur r\u00f4le ? Qu\u2019un homme ne pleure pas, qu\u2019une femme soit faible\u2026 tout \u00e7a, c\u2019est du vent. On peut changer les r\u00e8gles. On doit les changer. Parce qu\u2019on n\u2019est pas des animaux, on est des humains. Et, les humains, \u00e7a \u00e9volue.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c9motions, prise de conscience et transmission<\/h3>\n\n\n\n<p>Je ne vais pas mentir : j\u2019ai pleur\u00e9 en lisant le livre de Gis\u00e8le Pelicot. J\u2019ai pleur\u00e9 devant la BD <em>Notre affaire<\/em>, qui raconte la m\u00eame histoire. Et, je me suis dit : il faut en parler.<strong> Il faut que cette BD soit dans les \u00e9coles, qu\u2019on en discute, qu\u2019on l&rsquo;analyse, qu\u2019on d\u00e9batte.<\/strong> Parce que c\u2019est de cette fa\u00e7on qu\u2019on avance. C\u2019est ainsi qu\u2019on plante des graines de changement. L\u2019\u00e9ducation, c\u2019est la premi\u00e8re \u00e9cologie. Celle des esprits, des c\u0153urs, des regards.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Regarder la r\u00e9alit\u00e9 en face, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 agir<\/h3>\n\n\n\n<p>Alors, obsc\u00e8ne, tout \u00e7a ? Non. Abominable, oui. Mais, ouvrons les yeux. Acceptons de voir, de ressentir, de pleurer, parfois. Parce que c\u2019est de cette mani\u00e8re qu\u2019on avance. <\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est nous. Les r\u00e8gles, c\u2019est nous qui les faisons. Et, si on veut que \u00e7a change, commen\u00e7ons par parler. Par lire. Par \u00e9couter, transmettre. Il y a du boulot, c\u2019est vrai. Mais il y a aussi de l\u2019espoir. Et \u00e7a, \u00e7a n\u2019a pas de prix.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><em>Vous savez quoi ? Parfois, il suffit d\u2019un livre, d\u2019une BD, d\u2019une discussion pour que tout commence \u00e0 bouger. Alors, on s\u2019y met ?<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction<br \/>\nQuand la violence se cache sous la surface : Madeleine avant l\u2019aube<br \/>\nC\u0153ur d\u2019amande : lumi\u00e8re sur la mis\u00e8re et la parole<br \/>\nDeux chemins, un m\u00eame espoir<br \/>\nObsc\u00e9nit\u00e9, tabou et soci\u00e9t\u00e9 : le cas Gis\u00e8le Pelicot<br \/>\nChanger les r\u00e8gles du jeu<br \/>\n\u00c9motions, prise de conscience et transmission<br \/>\nConclusion<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":10516,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[83,707,125],"tags":[],"class_list":["post-10515","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-egalitefemmehomme","category-violences-conjugales"],"aioseo_notices":[],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/carnicelli.eu\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/pelicot-1000x766-1.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10515","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10515"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10515\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10520,"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10515\/revisions\/10520"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10515"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10515"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carnicelli.eu\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10515"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}